« Le temps, c'est de l'argent » est tellement rebattu qu'on finit par ne plus l'entendre. Pris à la lettre, c'est pourtant une façon réellement utile d'évaluer une dépense : chaque euro dépensé représente une quantité de temps échangée pour le gagner, que ce soit une heure d'un salaire horaire ou une fraction proportionnelle d'un salaire fixe.

Convertir le prix en heures

Si vous gagnez environ 25 € de l'heure après impôts, un achat à 75 € représente trois heures de travail, et pas seulement soixante-quinze euros. Ce recadrage ne rend pas l'achat mauvais — beaucoup d'achats à trois heures les valent — mais il fait passer la question de « puis-je me le permettre ? » à « est-ce que cela vaut trois heures de ma vie ? », ce qui est souvent plus honnête pour une bonne part des dépenses non contraintes.

Là où c'est le plus utile

La lecture en heures est la plus parlante sur les dépenses récurrentes, parce qu'elle se cumule. Un abonnement à 50 €/mois, ce n'est pas juste 50 € : sur une année, à 25 € de l'heure, cela fait environ 24 heures — une journée de travail entière — juste pour couvrir quelque chose que vous n'utilisez peut-être même pas chaque semaine. Vus ainsi, beaucoup de « petits » prélèvements récurrents n'ont plus la même allure que sur une ligne mensuelle isolée.

Ce n'est pas une invitation à convertir chaque achat en calcul horaire : c'est épuisant à sa manière. C'est une grille à appliquer de temps en temps, surtout aux dépenses récurrentes, pour vérifier d'instinct si une chose mérite vraiment le temps qu'elle coûte.